L'étude porte sur 1004 coursiers à vélo inscrits sur les plateformes numériques comme Uber Eats et Deliveroo. Les enquêtes ont été menées à Paris et Bordeaux durant le premier semestre 2025.
A 99%, les interrogés sont des hommes et à 81% ont moins de 35 ans. 99% sont nés à l'étranger et 64% sont sans titre de séjour. 43% ont connu une journée sans repas au cours des douze derniers mois.
Pour une durée de travail hebdomadaire moyenne de 63 heures (soit +10 h par jour sur une semaine de 6 jours), le revenu brut moyen d'un livreur à vélo est de 1480 € (soit 5,83€ brut / h) avant déduction de la cotisation Urssaf de 21,2% si le livreur est propriétaire de son compte ou d'un "loyer" mensuel moyen de 528 € si comme les trois quart des livreurs, il passe par un loueur de comptes.
98% des livreurs déclarent avoir travaillé avec une unique plateforme au cours du mois précédant l'enquête et seuls 7% des livreurs ont une activité rémunérée en complément de la livraison.
Les livreurs interrogés effectuent en moyenne 413 livraisons par mois (soit environ 16 livraison par jour sur une semaine travaillée de 6 jours). Les personnes interrogées inscrites sur Uber Eats parcourent en moyenne 833 km par mois sans compter les retours au point d'attente.
Les résultats de l'étude objectivent la précarité - déjà connue - des livreurs à vélo des plateformes numériques en France, avec un fort impact sur la santé, et soulignent que cette activité repose essentiellement sur une main-d’œuvre économiquement dépendante aux plateformes. Malgré les statuts d'auto-entrepreneur, l'étude suggère une degré élevé de subordination des livreurs envers ces plateformes, conclusion qui n'étonnera personne.
En 2026, une directive européenne visant à réguler le travail de plateforme doit être transposée en droit français dans les prochains mois. Elle impose aux États membres de mieux prendre en compte les enjeux du management algorithmique et d’instaurer un type de présomption de salariat pour les travailleurs de plateformes.
La composition socio-démographique du groupe des livreurs de plateformes et leur précarité administrative et de statut vis-à-vis du compte qu’ils utilisent pour travailler rendent vaine toute tentative de requalification en statut de salarié sans que ne soit au préalable abordée la question de la régularisation de leur situation administrative.
Lectures complémentaires
- Médecins du monde
- INED via The Conversation
- Next.Ink
- Autre étude sur la livraison à vélo (bureau 6-t)
- Voici ce qu'implique une commande Uber Eats
Le film L'Histoire de Souleymane rend hommage au quotidien laborieux des livreurs à vélo. Le principal protagoniste est situation irrégulière et loue un compte.
