Le vélo dans un pays latin


2021
MobiliDoc
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Les Pays-Bas sont présentés comme le modèle par excellence pour concevoir un réseau cyclable très performant et le Danemark (plus précisément, sa capitale Copenhague) est quant à elle décrite comme une alternative. Deux nations bien identifiées pour leur politique en faveur du vélo, mais qui donnent aussi du grain à moudre pour les anti : ce sont des pays du Nord et le vélo fait partie de leur culture.

Pourtant, le vélo s’est aussi développé dans d’autres pays comme chez des voisins bien latins. Ainsi, plusieurs villes italiennes de toute taille affichent une part modale supérieure à 10% comme Ravenne (15%), Padoue (16%), Merano (20%), Ferrare (27%) et Bolzano (29%)1. Des chiffres très satisfaisants comparés aux meilleurs élèves français que sont Strasbourg et Grenoble et qui atteignent seulement, mais honorablement, les 16%2.

Toutefois, sans pousser le concept aussi loin que la référence mondiale, l’Italie du Nord a construit un linéaire cyclable ramifié et connecté entre plusieurs pôles urbains, en particulier dans la plaine du Pô. Nous sommes bien loin des quelques poches dispersées dans l'hexagone. En outre, afin de sauver les bâtiments historiques et touristiques de la pollution de l'air, une loi de 1989 instaure le concept de zone à trafic limité. Ce dispositif a permis la limitation et l'apaisement de la circulation motorisée en ville et de développer l'usage de la bicyclette sans aménagement cyclable à l'origine3.

Ainsi, l'excuse du « machisme » des pays latins pour justifier l'impossible émergence des mobilités actives est tout à fait illusoire.

Lectures complémentaires

Notes

  1. EPOMM Modal Split Tool (Parts modales dans les villes européennes)
  2. Strasbourg, Grenoble, Bordeaux sacrées capitales du vélo (Le Monde, 2017)
  3. Vélo et politique globale de déplacements durables (p. 43)

 


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